Le plastique

Le plastique est issu du pétrole

Le plastique, c’est du pétrole. En raffinerie, les hydrocarbures (hydrogène et carbone) sont chauffés pour obtenir un liquide qu’on appelle le naphta. Le naphta est ensuite dirigé vers une usine pétrochimique où l’on va casser les molécules pour obtenir des monomères, puis les assembler en chaîne de polymères, c’est ce qu’on appelle le vapocraquage. Ensuite à ces polymères, on ajoute des additifs, des phtalates pour assouplir, des solvants, des durcisseurs, des stabilisants, des  retardateurs de flamme, des lubrifiants, des colorants. Les plastiques sont donc un savant mélange d’hydrocarbures et de produits chimique très résistant et qui mettront des siècles à se décomposer.

Ces composants sous l’action de la chaleur, en contact avec des corps gras ou parce que ces composants ne sont pas parfaitement fixés, peuvent pour certains migrer vers les aliments, les cosmétiques ou se disperser dans l’atmosphère et pénétrer notre organisme. L’ONU déclare avoir la preuve que les produits chimiques toxiques ajoutés lors de la fabrication du plastique sont transférés dans les tissus des animaux, pour finalement entrer dans notre chaîne alimentaire.


Le plastique est partout

Aujourd’hui le plastique est partout, l’enjeu est donc de réduire l’utilisation et la production de plastiques dans le monde. Selon l’ONU, seulement 9% des 9 milliards de tonnes de plastique produites dans le monde ont été recyclés. La plupart sont enfouis dans des décharges ou dans notre milieu naturel. En France, selon Plastic Europe, 305 millions de tonnes de déchets plastiques sont produits par an dont 25% sont recyclés, 40 % incinérés et 33 % enfouis.

La consommation de plastique a été multipliée par 20 dans le monde depuis 50 ans. Seulement 9 % ont été recyclés. Les prévisions donnent une multiplication par 4 d’ici 2050.

Ce sont des matériaux difficiles à recycler. La matière utilisée n’est pas utilisée pour le même usage et ne peut être à nouveau recyclée « downcycling ». On estime que 80% des plastiques produit dans le monde ces cinquante dernières années sont aujourd’hui présents dans la nature, stockés dans les sols, cours d’eau ou milieu marin.


Le plastique dans l’environnement

Selon les nations Unies, si la tendance actuelle continue, il y aura en 2050 plus de plastique que de poissons dans les océans. Les poissons et les oiseaux marins sont les premières victimes des déversements de plastique dans les fleuves puis les mers. Des généticiens ont ainsi observés des dérèglements hormonaux, sexe hybride, pénis atrophié sous l’effet des substances plastiques… 80 % des plastiques présents dans l’océan sont d’origine terrestre.

7ème continent


Le plastique migre dans notre corps

Les plastiques contiennent des additifs, qui sont des perturbateurs endocriniens comme les phtalates ou retardateurs de flamme qui sont en plus cancérigènes. Selon l’agence santé publique, en France en 2011, sur 4145 femmes enceintes, 117 polluants ont été relevés dans leurs sang et urine. 100% des femmes sont imprégnées par les  retardateurs de flemme bromés, 99.6% par les phtatalates et 70% par le BPA. En vérité, les bébés naissent pollués avec des risques de malformations, troubles neurologiques, et retard cognitifs.

  • Faire chauffer une poêle en téflon rayée à haute température libère des particules de téflon qui vont se retrouver dans la préparation culinaire.
  • Laisser une bouteille d’eau au soleil pendant plusieurs heures ou réutiliser une bouteille plus de 5 fois risque de libérer des microparticules de plastique.
  • Le long des routes, les pneus de voiture libèrent de la poussière de plastique inhalable.
  • Certains gels douche contiennent du plastique.
  • Les jouets en plastique présentent un risque pour les enfants surtout s’ils les mordillent.

Alors comment faire pour se libérer du plastique ?

Il y a une nécessité d’agir à tous les étages, tout le monde est concerné, les professionnels, industriels, particuliers, les collectivités et l’Etat.

Pour les collectivités, il est nécessaire d’encadrer, d’interdire l’usage du jetable et plutôt faciliter  promouvoir l’usage du réutilisable en :
  • Menant une politique zéro déchet ou de prévention, sensibilisant en PAP, à travers les événements, et en développant une communication engageante auprès des différents publics (interne et externe)
  • Supprimant l’usage unique dans les administrations via la politique d’achat. Cela implique de modifier les habitudes, représente un surcroît de tâches, et nécessite d’être approprié par le personnel.
  • Limitant le jetable dans l’événementiel, le tourisme, la restauration. Cela implique la création d’une charte qui conditionne l’attribution de subventions; d’autorisation d’occuper le domaine public s’il y a respect de certaines prescriptions comme l’interdiction des gobelets, bouteille d’eau, couverts jetable…)
  • Renforçant les dispositions liées au règlement d’occupation du domaine public (doc général et générique). Cela implique des autorisations individuelles délivrées aux occupants habituels ou ponctuels afin de proscrire l’utilisation de certains objets jetable.
  • Prenant des arrêtés municipaux qui imposent des interdictions ponctuelles. En 2021, les pailles, couverts, assiettes, gobelets en polystyrène expansés seront interdits en Europe.
  • Interdisant les bouteilles d’eau et barquettes en plastiques pour 2020 et 2025.
  • Privilégiant l’usage de la gourde au travail et à l’école.
  • Facilitant l’accès à l’eau potable dans les campus, gare, zone touristique. Cela implique de localisé sur carte les points d’eau potable via une application dédiée.
  • Soutenant le développement de la vente en vrac.
  • Favorisant les dispositifs de consigne et de réemploi malgré les difficultés à convaincre. Cela implique une réorganisation des chaines logistique et nécessite l’appui du public.
Pour les particuliers, le plastique est partout même là ou on ne le soupçonne pas.

La bataille s’annonce difficile ! Je conseille de commencer à proscrire le plastique par une famille d’aliment, un type d’article  et puis au fur et mesure d’en ajouter de nouveau.

Les courses :

  • Des cabas, sacs en tissus réutilisables et à user jusqu’au bout. A savoir les sacs de caisse fournit par les enseignes ne sont pas recyclables.
  • Des bocaux, boîtes en verre, sachets en papier pour le transport en vrac.
  • Le plastique au contact des aliments risque de migrer, c’est donc à proscrire !

La cuisine :

  • La cuisine, 1 heure max par jour. Je transforme, j’achète seulement des produits bruts, légumes, viandes, céréales.
  • L’eau du robinet. Les micro-plastiques migrent dans l’eau contenue des bouteilles plastiques.
  • Une gourde, carafe en verre réutilisable, mais pas en plastique !

Toutefois, l’eau du robinet n’est pas exempt de plastique. La solution est de boire l’eau du robinet quand même, car cela coûte moins cher, et évite de produire des déchets. En Laissant reposer l’eau en carafe afin que les micros-particules se déposent au fond, puis jeter le fond.

  • Pour la cuisson, c’est l’inox, le fer ou la fonte de préférence. Ne jamais réchauffer au micro ondes dans des boites en plastiques. Pour le frigo, les boites en verre, une assiette plate recouvrant une assiette creuse ou bien le bee-wraap feront très bien l’affaire.

La salle de bain :

  • Pas de rideaux de douche qui contiennent des phatalates.
  • Des cosmétiques bio, de type pains de savon, ou shampoings solides.
  • Un dentifrice et des crèmes hydratantes faites maison avec une brosse a dent en bamboo.
  • Un déodorant en pierre d’alun
  • Des couches bios, garanties sans plastique, des couches lavables, et des lingettes en coton.

La maison :

Les produits ménagers polluent l’air intérieur des maisons. 

  • Savon noir et le vinaigre blanc.
  • Lessive en poudre conditionnée en carton.
  • Vêtements en fibre naturelle (coton, lin, laine, chanvre, bamboo, tencel)
  • Foire aux vêtements, tricot

Les enfants :

  • Jouet et articles en bois, tissus, métal.
  • Vigilance avec les plastiques qui sente une odeur, qui changent de couleur.
  • Pas de jouets en PVC

A l’école :

Sacs à dos synthétiques, couvertures de cahier, règles, équerres, les  fournitures d’écoles sont remplies de plastique. Toutallantvert.com propose des kits écolos.

  • Le bois, metal, carton, sont à préférer.
  • Blouse fabriquée avec la vieille chemise de papa
  • Lunch box et gourde acier inoxydable.

Le jardin :

  • Des isolants naturels,
  • Pas de fenêtres en PVC mais plutôt en bois ou aluminium.
  • Aération chaque jour de la maison, et aspiration régulière.
  • Des peintures naturelles ou A+.
  • Des meubles et étagères en bois brut.
  • Meuble et déco issus de brocante.

Le bureau :

  • Fontaine à eau branchée sur le réseau.
  • Tasses et mugs réutilisables.
  • Fournitures et mobiliers en bois, acier, alu et cartons

Pour les entreprises, il est nécessaire de rendre compatible le fonctionnement des activités humaines avec la biosphère.
  • L’écologie industrielle et territoriale (réductions des consommations de ressources, fossiles ou renouvelables et restauration de la qualité des écosystèmes).
  • Conception de plastiques biosourcés, constitués de polymères renouvelables, synthétisés par des végétaux ou micro-organismes (PHA).
  • Conception de plastiques biodégradables
  • Gestion mutualisée et multi acteurs des déchets plastiques sur un territoire donné
  • 55 industriels et fédérations s’engagent dans le 100% recyclage et eco-conception pour 2025

Pour l’Etat, il est nécessaire d’encadrer, et de définir les politiques publiques.
  • Loi anti-gaspillage pour une économie circulaire présentée en juillet 2019 avec un objectif de 100% de plastique recyclé en 2025.
  • Les sacs plastiques fins non compostable sont interdits depuis 2017
  • Interdiction de distribution gratuite de bouteille en plastique dans les établissements recevant du public, développement de la vente en vrac, installation de corbeilles de tri dans l’espace public dès 2021.
  • Extension des consignes de tri
  • Directive Européenne autour du plastique à usage unique qui interdit pour 2021 la vente de coton-tiges, couverts, assiettes, pailles, bâtonnets mélangeurs, tiges pour ballon, produits oxo-dégradables, contenants alimentaires et gobelets en polystyrène.

Enfin

Il appartient de s’interroger, de remettre en cause nos habitudes de consommation énergivore en ressources naturelles. Des choix de société ont été faits à un instant T, mais aujourd’hui il nous appartient de les remettre en cause, de proposer des alternatives en veillant à ce qu’elles ne provoquent pas de problèmes dans d’autres domaines. Nous disposons des moyens d’actions nécessaires pour réajuster et renouveler ces choix.

Tout est une question d’équilibre, de bon dosage.